Naama - 08- La guerre de libération

Champs de la mort : 3 millions de mines à déterrer 50 ans après l'indépendance



Champs de la mort : 3 millions de mines à déterrer 50 ans après l'indépendance
Cinquante ans après le recouvrement de l'indépendance et de la souveraineté nationale, les mines antipersonnel et antigroupes continuent encore de faucher les vies d'Algériens en dépit des efforts colossaux consentis pour débarrasser le territoire de quelque trois millions de ces engins de la mort et de la mutilation.
L'armée nationale populaire (ANP) s'attelle à éliminer les séquelles du colonisateur français qui a semé plus de 11 millions de mines antipersonnel et antigroupes le long de la bande frontalière est et ouest pour contrer les mouvements des révolutionnaires.
Au lendemain de l'indépendance, l'Etat algérien a entamé l'opération d'extraction et de destruction des mines et la tâche n'était pas des plus aisées en l'absence d'une cartographie de l'emplacement de ces dispositifs assassins, qui à défaut de tuer leur victime la mutilent. L'ANP a mobilisé des unités spéciales de déminage dont l'intervention s'est soldée entre début 1963 et fin mars 2010 par la destruction de quelque 8.267.971 engins soit 75,69 % de l'ensemble des mines ensevelies dans le sol national par la France coloniale.
Au 17 février 2009, l'ANP a extrait et détruit 8.201.862 mines posées le long des frontières est et ouest du pays dont 91865 au cours de la seule année 2008, faisait savoir la revue El Djeich dans son numéro 550 de mai 2009.
Selon la revue, ce chiffre situait à 75,3% l'avancée du processus de déminage. 40414 et 39932 mines ont également été détruites au niveau de la deuxième et troisième régions militaires en 2008 et 11528 autres le sont dans la cinquième région au cours de la même année, a encore rapporté la revue.
Au cours de la même année, 1849 hectares de surfaces assainies sont remis aux autorités civiles sur l'ensemble des bandes frontalières dont 1502,4 h à Bechar, 318 à Tébessa, et 29 à El Tarf. En 2009, quelque 24340 mines sont deterrées et detruites et 43,2h de terrains assainis sont remis aux autorités locales de la wilaya de Tébessa.
L'Algérie devra atteindre l'objectif de déminage total à l'horizon 2017, font valoir des responsables de l'ANP.
Le minage ... une stratégie pour étouffer la révolution
Face aux victoires de l'armée de libération nationale (ALN), l'armée coloniale, pour bloquer les renforts en provenance de pays voisins, a mis en place le long des frontières Est et Ouest du territoire deux lignes électrifiées truffées de mines antipersonnel et antigroupes. Ces barrières mortelles érigées entre 1956 et 1959 et qui s'étendaient sur 150 kms à l'ouest (ligne Morice) et sur 320 km à l'est (ligne Challe) étaient confortées par des ceintures de 3 à 5 mètres de largeur où ont été disséminées plus de 50 mille mines distantes les unes des autres d'à peine 40 centimètres.
Face à une entreprise assassine, un courage à toute épreuve
Face aux moult inventions, aussi cruelles et assassines les unes que les autres, la révolution s'est armée d'un courage à toute épreuve et nombreux sont les moudjahidine parmi ceux qui avaient justement pour mission de passer à travers ces barbelés meurtriers à se souvenir des combats héroïques livrés contre l'esprit maléfique colonial. En fait, il fallait non seulement passer par dessus ces mines, mais surtout les détruire, une opération qu'ils avaient à exécuter souvent sous la lumière des projecteurs installés pour guetter le moindre mouvement.
Au delà du courage, de l'abnégation et du haut sens du sacrifice, les moussabiline devaient faire preuve d'un esprit créatif car il fallait coûte que coûte localiser l'emplacement de ces pièges à hommes. Souvent les éléments de l'ALN ont du recourir à des bêtes qu'ils envoyaient vers ces endroits.
Des enregistrements au niveau du service de conservation du patrimoine historique de la direction des moudjahidine de la Wilaya de Naama comportent des témoignages sur le courage et l'esprit combatif qui animaient les révolutionnaires face aux mines antipersonnel.
Hadj Laamouri, de Ain Safra, s'est spécialisé dans l'extraction des mines pour sécuriser les passages des moudjahidine. En 1960 il perdit la vue et l'usage de ses membres supérieurs en essayant de traverser la zone de la mort et sécuriser le passage des combattants et des renforts.Il n'avait alors que 18 ans.
Un autre témoin, le moudjahid Bousmaha, se rappelle de son côté l'exploit réalisé par la compagnie de l'ALN qui s'est frayée 117 kms de chemin dans le sud ouest du pays pour pouvoir s'approvisionner. 20 membres de cette compagnie ont laissé leur vie dans cette courageuse entreprise, se souvient-il non sans amertume.
La prise en charge des victimes des mines, la responsabilité de tous
L'Etat algérien prend en charge, au plan sanitaire et matériel, quelque 7000 victimes des mines et leurs familles. Une pension mensuelle allant jusqu'à 20.000 DA selon le taux d'incapacité leur est allouée. Le président de l'Association des victimes des mines, M. Mohamed Djouadi a salué les efforts consentis par les autorités concernées pour la prise en charge de cette catégorie notamment les ministères des Moudjahidine et de la Solidarité nationale.
L'Algérie a réalisé d'importantes avancées dans l'extraction et la destruction des mines dans le cadre de la convention d'Ottawa y afférente et à laquelle le pays a adhéré en 1997.
En vertu de ce texte, l' ANP a détruit le stock de mines antipersonnel et antigroupes (un total de 159.080) qu'elle détenait.


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