El-Tarèf - Pêche

Avec une surface maritime de 8 700 km2 et un riche potentiel halieutique: La pêche à El Tarf en quête de valorisation



Avec une surface maritime de 8 700 km2 et un riche potentiel halieutique:  La pêche à El Tarf en quête de valorisation




Correctement pris en charge et valorisé, le riche potentiel halieutique de la wilaya d’El Tarf, servie par une façade maritime de 90 km et une surface maritime de 8.700 km2, devrait pouvoir répondre aux besoins tant des consommateurs que des professionnels, estiment les professionnels locaux.

S’il est vrai que le citoyen n’arrive pas encore, aujourd’hui, à disposer du ratio moyen et équilibré en produits de la pêche, il n’en demeure pas moins que les potentialités halieutiques et aquacoles de cette région de l’extrême nord-est du pays «gagneraient à être rationnellement rentabilisées», affirment des marins-pêcheurs.

«Riche en poissons, la wilaya d’El Tarf, qui dispose d’une zone de pêche côtière s’étendant sur plus de 1.000 km2, une autre de 220 km2 pour la pêche chalutable et 6.500 km2 pour la grande pêche, est condamnée à mieux gérer ce don du ciel», estime le directeur du secteur, Zaïd Amoura.

Et il n’y a pas que la mer, selon ce responsable qui évoque les «énormes potentialités aquacoles» pour mettre en relief, parmi les nombreux plans d’eau où il est aisé de mener de nombreuses activités aquacoles, les lacs Tonga, Oubeira et Mellah qui constituent de «véritable réserves intégrales» de 2.600, 2.200 et 860 hectares où il est possible de pêcher et d’exploiter différentes espèces de poissons dont l’anguille, le mulet, la dorade, la crevette grise ou la carpe.

Outre ces sites, El Tarf dispose également de barrages (Mexa, Cheffia et Bougous) en plus de l’embouchure de l’oued Mafragh qui pourraient satisfaire la demande accentuée de poissons, un produit qui reste, pour l’instant, hors de portée de nombreux ménages.

Un secteur en-deçà des attentes

Pour l’heure, le secteur de la pêche et des ressources halieutiques dans la wilaya d’El Tarf où il a été enregistré une production de 5.444 tonnes de poissons en 2012 contre 5.226 tonnes en 2011, soit une hausse de 218 tonnes, demeure «en deçà» des attentes, soutiennent des marins-pêcheurs.

«C’est bien chez nous que vous trouverez les meilleurs poissons et crustacés comme le loup, la daurade, le rouget, le merlan, le pageot, la sole, le chien de mer, la rascasse, l’espadon, la crevette rouge, le calmar et la langouste», soutient Amar K., un marin-pêcheur à El Kala.

Pourtant, quelque 90% de la production locale sont commercialisés en dehors de la wilaya, à Sétif, Annaba, Guelma, Constantine, Batna et Alger, à cause de l’absence d’une halle à marée qui organiserait le circuit de commercialisation, estime ce professionnel qui voit en cette absence de lieu de «criée» l’une des principales causes de l’amenuisement des poissons sur les étals des marchés d’El Tarf et, partant, de l’envolée des prix.

Bien que considérée comme importante, la flottille de pêche, composée de 16 chalutiers, de 48 sardiniers et de 164 petits métiers, continue, depuis quelques années, de souffrir de la saturation de l’actuel port de pêche et des retards enregistrés dans la livraison de projets destinés à promouvoir l’aquaculture.

Il s’agit particulièrement des projets liés à la pénéiculture (élevage de crevettes), devant être concrétisé sur les berges de l’oued Mafragh (Ben M’Hidi), d’un centre de pêche continentale envisagé près du barrage de Cheffia et d’une ferme aquacole à l’embouchure de l’oued Mafragh-Est (Berrihane).

Ce dernier projet enregistre un taux de réalisation de 30%, sur fonds propres mais se trouve à l’arrêt faute de financement, explique-t-on à la direction du secteur.

Le projet de réalisation d’un nouveau port, en partenariat avec une société algéro-italienne constituée de Sotramest-Annaba et de CMC Di Ravenna, accuse un taux d’avancement de 90%, mais tarde à voir le jour, déplore Amar K. pour qui l’actuel port de pêche d’El Kala est «complètement saturé».

L’unique port de pêche d’El Kala «sursaturé»

La volonté des 2.772 marins-pêcheurs est du coup freiné par la saturation de cet unique port dont la capacité théorique est de 100 embarcations alors qu’il reçoit actuellement 390 unités dont 198 plaisanciers, regrette ce professionnel avant de mettre l’accent sur les «inexplicables lenteurs» enregistrées dans la réception de la nouvelle structure portuaire.

La désorganisation de la profession et une gestion jugée encore «peu rationnelle» d’un secteur butant perpétuellement sur des contraintes multiformes sont les autres préoccupations soulevées par les pêcheurs de cette wilaya.

A la chambre de la pêche et de l’aquaculture, dans cette wilaya qui dispose aussi d’une plage d’échouage à El Battah, l’accent est notamment mis sur les contraintes générées par l’absence du premier responsable de cette chambre, actuellement administrée par le directeur de wilaya de la pêche.

«La vacance du poste est lourde à gérer», souligne Abdelhamid B., un autre marin-pêcheur, estimant que les pêcheurs ont du mal à trouver un interlocuteur lorsqu’il s’agit de soulever les problèmes rencontrés par la profession.

Le responsable du secteur de la pêche a tenu à rappeler la feuille de route mise en place depuis 2012 par le ministère de tutelle pour «contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire et au développement des systèmes productifs locaux».

Une feuille de route salvatrice

Une feuille de route qui suscite, ici, beaucoup d’espoirs d’autant qu’elle souligne l’importance de la mobilisation des systèmes de formation, de la recherche-développement et de la coopération internationale pour l’accompagnement des professionnels et des opérateurs économiques.

A ce propos, l’Ecole de formation technique de la pêche (Eftpa) constitue un véritable tremplin à même de fournir une main d’œuvre qualifiée à la hauteur des ambitions et des attentes, estime-t-on également à la direction du secteur.

Située à El Kala, cette structure de formation a formé, depuis sa création en 1983 et jusqu’à 2011, 3.836 éléments, a indiqué M. Touati Nadir, directeur de l’EFTPA qui a évoqué, à cette occasion, le rôle des classes spéciales dans la formation d’une main-d’œuvre qualifiée dans ce domaine.

Une prise en charge «volontariste» des préoccupations exprimées par les professionnels de la mer ainsi que le développement de l’outil de travail, voire son perfectionnement, ne peuvent être que «stimulants sûrs» à même de permettre le «bond qualitatif tant souhaité par les uns et les autres», considèrent les deux marins-pêcheurs rencontrés par l’APS.


APS



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