Algérie

Un riche programme mais en rangs dispersés



Dans la wilaya de Bouira, et au fil des ans, l'on a l'impression que les acquis arrachés après de lourds sacrifices et des décennies de combat, s'enlisent et s'effilochent pour ne laisser aucune trace à ce noble combat que fut celui pour la reconnaissance de tamazight. Un enlisement qui frise le reniement, et ce, au regard des programmes peaufinés par les différents acteurs du combat amazigh qui étaient pourtant habitués au combat dans l'union.N'est-ce pas que grâce à cette unité des rangs le combat pour tamazight a abouti. N'est-ce pas cette unité qui a permis à notre langue maternelle d'avoir droit de cité dans son pays '
Aujourd'hui, à voir les différents programmes préparés par plusieurs associations culturelles, dirigées par des acteurs connus de tamazight, l'on est en droit de se poser la question et de se demander si l'essence de ce noble combat n'est pas en train de mourir.
Sinon comment interpréter toutes ces manifestations que chacun prépare dans son coin, avec un esprit de concurrence alors que c'est le contraire qui devrait se produire. Dans la wilaya de Bouira, et pour les fêtes de Yennayer 2969, les festivités sont préparées dans une désunion totale. Jugez-en !
Première association à prendre ses distances avec le chef-lieu de wilaya alors qu'elle avait, pendant des années, élu domicile au chef-lieu avec combat et célébrations, l'association Thagharma présidée par le délégué du Mouvement citoyen et militant du MCB, Djaâfar Abdedou. Ce dernier, pourtant militant infatigable, vient de peaufiner un riche programme pour l'occasion mais a choisi de le fêter à Haïzer chez l'arch des Ath Meddour, dans une salle des fêtes.
L'autre arch et non des moindres qui a décidé de célébrer le nouvel an, Yennayer, dans son antre, est l'arch des Ath Yaâla. Situé dans la daïra de Bechloul plus particulièrement sur l'axe de la RN5 avec les communes d'El Esnam, Bechloul et El Adjiba, l'arch des Ath Yaâla a vu ses représentants, parmi lesquels figurent certains délégués des arouchs comme Rabah Bellout, choisir la salle des fêtes Dihia d'El Esnam pour fêter l'événement.
Plus loin vers l'est, et même dans le sud-est, que ce soit chez les Ath Leqsar, les Ath-Aïssi à El Adjiba, les Imellahen dans la commune d'Ahnif, les Ath Mansour, Imcheddalen qui s'étalent entre trois communes, Ahnif, M'chédallah et Saharidj, ou encore Iwaqouren, Takerboust, ou Chorfa, chacun de ces arch a choisi de fêter l'événement en solo chez lui, loin de l'esprit d'union qui avait longtemps prévalu pour le combat de tamazight.
Des festivités organisées également et cela participe à cet esprit de désunion, dans les écoles, les collèges et les lycées de la wilaya, particulièrement dans la région berbérophone. Même l'université de Bouira qui avait habitué les habitants du chef-lieu de wilaya par ses activités diverses et des expositions très riches et ouvertes au public, a perdu cette tradition, les étudiants du DLCA se contentant juste de conférences sur l'événement ou des thèmes liés à tamazight.
Il est vrai qu'au sein de l'université, les différentes sensibilités existantes, et surtout le MAK où les étudiants qui s'en revendiquent cherchent à chaque fois à organiser une marche, découragent d'autres étudiants à organiser des expositions et autres manifestations publiques de peur de voir leurs activités récupérées ou manipulées.
Et parlant de conférences et autres expositions, il faut rappeler qu'au niveau de tous ces arch que nous avons cités, de riches programmes avec conférences, sketchs, galas, expositions, arts culinaires et expositions d'objets traditionnels sont au menu.
Cela étant, côté officiel, la maison de la culture Ali-Zamoum, et en collaboration avec plusieurs associations culturelles de la wilaya, a préparé elle aussi un riche programme qui s'étalera du 8 au 12 janvier.
Un riche programme où l'on pourra voir, outre une exposition d'objets artisanaux, des produits du terroir, de la faune et la flore de la région, des plats traditionnels avec préparation et dégustation, des arts plastiques, des livres avec vente-dédicaces, des jeux traditionnels et bien entendu, des conférences sur l'événement avec Abdeslam Abdenour et M.?Ghobrini Mohamed, etc.
Le jour de Yennayer, coïncidant avec le samedi 12 janvier prochain, tout ce beau monde a décidé de préparer comme c'est de tradition un couscous avec du poulet et de l'offrir à tous les convives, et le soir un gala artistique est programmé.
Y. Y.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)