Algérie

Tlemcen: «Jamais vu un été caniculaire pareil!»



Les fortes chaleurs sévissant cet été dans les communes agropastorales d'El-Aricha, El Gor, Bouihi, Sidi-Djillali et Sebdou ont des effets négatifs sur la végétation, les terres et également les volumes d'eau disponibles de cette région steppique, située au Sud de la wilaya. L'on ignore l'ampleur des dégâts et des pertes subies pour le moment sur l'ensemble de ce vaste territoire pastoral. Selon un technicien de la conservation des forêts de Tlemcen, «la sécheresse du climat est l'ennemi principal des zones steppiques qui abritent un grand nombre d'éleveurs ovins et bovins de la wilaya. La chute annuelle des pluies est descendue très bas au cours de cette année et même lors des années précédentes. Les plantes doivent donc lutter entre elles pour se partager l'eau contenue dans la terre et dans l'air, les plus faibles disparaissent, mais les plus fortes ne sont plus assez nombreuses pour recouvrir complètement le sol». «L'insuffisance des pluies enregistrée au moment de la germination ou de la floraison a favorisé l'extinction des espèces fragiles. Le sirocco favorise les températures élevées et l'évaporation accrue par l'air sec nuit à la croissance et assèche les plantes. Ces importants aléas climatiques compliquent les transhumances pratiquées par les éleveurs qui ne peuvent plus organiser et développer de nouvelles stratégies de mobilité des troupeaux pour assurer leur pâturage, en raison de l'intensité des sécheresses et de l'augmentation des périodes sèches», assure notre interlocuteur.Pour leur part, des éleveurs de cette région aride s'inquiètent de la raréfaction des pâturages empêchant les chèvres, moutons et vaches de se nourrir suffisamment pour supporter ensuite les rigueurs hivernales, lorsque les températures tombent sous zéro degrés Celsius. Ces semi-nomades continuent à mener leur vie traditionnelle dans les vastes steppes mais ils sont bousculés par le changement climatique. «La vie est de plus en plus dure dans la steppe surtout en été à cause des chaleurs extrêmes et des vagues de siroccos qui compliquent l'accès des animaux aux pâturages. Les perturbations climatiques ont chamboulé nos habitudes et nos pratiques de transhumance ! Certaines bêtes ont donné naissance au printemps mais elles sont exténuées par les chaleurs torrides, les risques sont très élevés, elles ne trouvent plus de nourriture suffisante», se lamentent des éleveurs de la localité de Belhadji Boucif, qui ajoutent que les conséquences sur le bétail sont dramatiques, et les aliments de bétail leur reviennent très chers.
Il faut souligner que l'élevage pastoral, d'abord nomade et actuellement transhumant, représente une activité principale de valorisation des ressources pastorales de cette vaste région aride du sud de la wilaya, sous des conditions arides restrictives et irrégulières. Dans cette contrée limitrophe à la wilaya de Naâma, les transhumances se voient à l'?il nu. Chaque année, des dizaines de nouveaux arrivants y atterrissent. Ils viennent de Naâma, Mecheria, Aïn Sefra et d'El Bayadh, pour nourrir leurs chèvres et leurs brebis. «Cette année, il n'y a rien, il n'y a pas d'herbes et il fait très chaud ! Notre vie est complètement bouleversée, on n'a jamais vu un été caniculaire pareil ! Alors les animaux meurent de faiblesse et de faim», explique Miloudi, un éleveur. Il raconte qu'il y a deux décennies, cette steppe était très prisée par les nomades qui s'installaient en bas des collines, pour trouver de l'herbe à ses animaux. Par ailleurs, des éleveurs bovins évoquent la baisse de production du lait qui frappe les vaches laitières en raison du manque du couvert végétal, la dégradation des parcours pastoraux et des pénuries d'eau.


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