Algérie

RAMADAN « x 12 '»



«Il faudrait instituer deux ou trois Ramadans par an pour que tout le monde puisse travailler, acteurs, techniciens, réalisateurs...», ceci dit sur un ton de la plaisanterie par un comédien algérien. Qui sait de quoi il parle, certainement pointant au chômage onze mois sur douze.Tout ceci dit pour la sphère culturelle qui voit, durant le mois sacré, une effervescence sociétale sans pareille. Cultuelle certes, mais aussi et surtout culturelle et commerciale.
Soyons clair, l'effervescence n'est visible que durant des créneaux horaires bien précis : commerciale en fin d'après-midi (les derniers achats, tout particulièrement destinés à la consommation rapide) et durant une bonne partie de la nuit. Culturelle, au sens large du terme ; le terme englobant les spectacles divers dans les salles, dans les rues et les lieux de rencontres qui pullulent et devant les postes de télévision, en famille ou en public. Sociale aussi, les veillées (dont celles cultuelles, avec les « tarawih ») se multipliant, libérant les déplacements extérieurs des femmes, des hommes et (hélas) des enfants, seuls ou en groupes.
En fait, le pays se réveille et la société se retrouve, dans une certaine joie (le ventre bien rempli, il est vrai !) riant, discutant, dialoguant, travaillant, produisant, généralement sans cris ni heurts.
Donc, durant tout un mois, on a l'image extérieure d'une Algérie nocturne fraternelle, réconciliée, heureuse sur laquelle veillent tous les services nécessaires à sa sécurité (santé, police, protection civile, information...). Mais, durant tout un mois (à l'exception de quelques excités, en raison du manque de café et de cigarette) , dans la journée, c'est le calme plat. Avec une production réelle de biens et de services, individuelle et collective, qui, hélas, diminue fortement. On comprend mieux le souhait de notre comédien de voir un pays qui produit, qui vit, qui rit, qui espère, qui compatit, qui jouit continuellement.
On le comprend moins lorsqu'on sait que le mois sacré de Ramadhan est une période, assez courte, exceptionnelle, impossible à multiplier en l'état. Reste seulement à espérer que les (bons) comportements ramadanesques s'implantent tout au long du reste de l'année et se transforment en habitudes de vie et de travail : Certes, se lever un peu tard mais travailler durement et produire effectivement toute la journée et consacrer sa soirée aux sorties, aux rencontres entre familles et amis, aux spectacles, aux magasins ouverts assez tard, bref, dans une Cité enfin re-vivante.


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