
Si tout se passe «bien», ou? mal, ce doit être encore la grève aujourd'hui dans l'éducation. Jusqu'à hier, on ne savait pas encore si un miracle pouvait se produire pour que ce énième débrayage, manifestement «programmé» puisse être évité. Mais dans les écoles, chez les enseignants comme chez les élèves, la cause semblait entendue.Les syndicats ont déjà donné la pleine mesure de la situation : «Si nos revendications dépassent le ministre, il n'a qu'à céder sa place à d'autres».Le ton n'est donc apparemment pas à la détente, même si la conjoncture politique, comme toujours, est assez généreuse pour dénouer les situations les plus compromises.Et avant d'en arriver à quasiment suggérer la porte de sortie à M. Baba Ahmed, les syndicats ont d'abord sorti l'artillerie lourde à l'endroit de son «entourage».Dans le cas où le ministre de l'éducation serait «dépassé par les événements» ou que les mesures qu'il devrait prendre seraient trop lourdes pour son niveau de responsabilité, les syndicats l'invitent donc à renoncer à son poste.A moins que ce ne soit «seulement» à laisser le soin à ceux qui ont les coudées franches de traiter une situation apparemment trop importante pour lui.Dans notre pays, ce n'est pas la première fois qu'on entend ce genre de réflexion. Ça se passe toujours «plus haut».Que le problème soit réellement compliqué au point de nécessiter une intervention qui dépasse la tutelle directe ou que ça relève du fantasme de protestataires qui se prennent trop au sérieux, on en a l'habitude.Après tout, dans l'éducation comme dans d'autres secteurs de l'activité nationale, les pouvoirs occultes ne manquent pas.Qu'elles soient visibles sur le terrain des opérations ou qu'elles squattent des têtes trop échaudées, il y a toujours d'autres niveaux de décision à évoquer quand l'impasse se dessine.Le manque ou l'absence de transparence dans la responsabilité publique, bien réel, celui-là a fait qu'en parler ne relève pas toujours de l'affabulation.Pour revenir à l'entourage du ministre de l'éducation, la coordination des syndicats n'y va pas de main morte dans sa dernière conférence de presse : «Des responsables au niveau du ministère de l'éducation nationale, qui n'ont pas le niveau requis pour négocier avec les partenaires sociaux et appliquer les textes de loi, poussent les syndicats à la grève pour voiler leur incompétence et préserver et leurs postes et leurs intérêts. Ils tentent de nous discréditer aux yeux de l'Etat et de l'opinion publique pour faire croire que nous pénalisons les élèves».Il y a quand même un curieux paradoxe à suggérer que le ministre de l'éducation n'est pas à la hauteur des enjeux et tirer à boulets rouges sur ses subordonnés, ce qui, dans le langage algérien propre à ces situations, met toujours le premier responsable du secteur concerné au- dessus de la mêlée.Et dans ce cas précis, les syndicats ont quand même fini - pour changer - par revenir à de meilleurs sentiments, à moins que ce ne soit à de vieux réflexes : «Nous ne visons pas le ministre mais ses subordonnés qui ont été derrière toutes ces agitations».En fait, quand ils ont accablé le ministre, c'était juste par «réalisme». Ils savent que si leurs revendications devaient aboutir, ce sera sur décision politique, motivée par le contexte. Même s'ils font une fleur à M. Baba Ahmed en reconnaissant que son poste est éminemment? politique !Slimane Laouari
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Posté Le : 03/02/2014
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com