Algérie

Patrimoine. Littérature orale populaire de l’épopée à l’amour



Un trésor que celui des formes d’expression anciennes. Une littérature riche mais aussi une sorte d’archive de l’âme algérienne à travers ses images, ses valeurs et ses sentiments.

Depuis des siècles, les meddahs, poètes louangeurs et satiriques, les bardes, les conteurs et les femmes conteuses, tout particulièrement, ont conservé la mémoire du pays et réinventé l’histoire lors des fêtes assemblées, réjouissances populaires et familiales ou les moments de combat et de résistance comme en témoignent les poèmes de Cheikh Abdelkader, Mohamed Belkheir, Si M’hand Ou M’hand, Benkhlouf, Ibn Triki, Belkheir, Aïssa Djarmouni, Udifalla, Cheikh Khaldi et bien d’autres encore. Partant de la tradition orale et de la littérature nationale, l’universitaire Mourad Yellès, spécialiste en la matière, dira que les deux formes coexistent à l’intérieur d’un ensemble socioculturel cohérent, autrement dit un espace culturel éclaté et codifié. L’adhésion collective à laquelle il se réfère prend le caractère d’une identification spontanée après que la tradition orale ait imposé ses règles et ses sens obligés. Produit d’une structure sociale traditionnelle, la poésie orale a connu par la suite un autre hymne, en arabe classique, en l’honneur du Prophète, vu en songe et couvrant de son propre manteau les épaules du barde Mohamed El Bouciri décédé en 1290 (690 de l’Hégire) et très populaire au Maghreb. Tel est le fonds de culture populaire dont les « diseurs » (talebs, meddahs, goualine et msamaâte, ces femmes qui se consacrent au chant et à la déclamation) nourrissent leurs auditoires attentionnés. Mohamed Belhafaoui, dans son remarquable ouvrage sur La poésie arabe maghrébine d’expression populaire (Ed. Maspero, Paris, 1982), fera remarquer qu’il s’agit d’une « culture vraiment populaire, pour tous, et non une culture de luxe pour les snobs, pour les citoyens privilégiés, et étrangers au peuple comme le regrettait un journaliste français avec amertume… ». C’est ce commerce quotidien des petites gens comme des lettrés avec cette authentique expression qui explique que la langue du peuple soit, à peu de chose près, la même que celle des bardes. L’expression de c


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