Algérie

Ouverture hier du 12e congrès du Front Polisario



Les Sahraouis veulent reprendre les armes Tifariti (territoire libéré du Sahara occidental) abrite, pour la seconde fois, depuis hier, le 12e congrès du Front Polisario avec la participation de 1725 délégués et en présence de quelque 250 invités venus de tous les continents. Tifariti (Sahara occidental). De notre envoyé spécial Ce congrès devra élire la nouvelle direction politique du Front Polisario qui désignera à son tour le futur successeur à Mohamed Abdelaziz, élu en 2003 pour la 8e fois depuis 1976. Mais, au-delà de son aspect organique, ce congrès aura surtout à statuer sur une nouvelle stratégie politique à même de sortir de l?impasse actuelle le processus de décolonisation du peuple sahraoui. Une impasse imposée par l?intransigeance du Maroc et son refus d?organiser un référendum d?autodétermination. Il faudra donc s?attendre à ce que le 3e round des négociations entre le Front Polisario et le Maroc, prévu du 7 au 9 janvier 2008 à Manhasset, New York, soit influencé par les décisions qui seront prises et qui vont être apparemment plus offensives si l?on se fie à l?atmosphère générale dans laquelle se tient ce congrès. Et en ce sens, tout porte à croire que l?option de la reprise des armes prend une forme de consensus chez les dirigeants et le peuple sahraouis. La nomination à la présidence des travaux du congrès d?un vétéran de la guerre de libération sahraouie, en l?occurrence Hama Salama, commandant de la 3e Région militaire, ainsi que de jeunes cadres sahraouis, en est une illustration de cette tendance. Cela conforte, en effet, les aspirations des dirigeants et du peuple sahraouis à considérer sérieusement l?option de reprendre les armes. Le thème sous lequel se déroule le congrès : « Combat généralisé pour imposer la souveraineté et l?indépendance totale », n?est pas aussi fortuit. Mais, cette option est subordonnée par la remise en ordre de la « maison » sahraouie. Il y a donc un autre enjeu qu?il faudra reformuler et qui est lié à la légitimité de la direction politique du Front Polisario. D?ailleurs, dans son rapport moral sur l?évolution de la situation générale, le SG du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, n?a pas omis de critiquer son précédent mandat estimant que « malgré ce qui a été réalisé depuis le 11e congrès, plusieurs lacunes restent toutefois à combler ». M. Abdelaziz a souligné « une faiblesse dans l?action et le peu d?idéalisme chez les cadres ». Il estime aussi que « le décalage entre le discours et l?application, résultant du manque de conscience professionnelle et l?autosurveillance touche la crédibilité de l?organisation et affaiblit la confiance en elle ». Le SG du Front Polisario n?a pas caché d?autres préoccupations, notamment dans le domaine de la défense où il a noté « des lacunes au niveau du département politique de l?armée, de la justice militaire (?) ». Il en est de même pour les affaires étrangères où il souligne « un relâchement de certaines ambassades et représentations et un recul dans la position de l?International libéral. » Mais cela est loin d?influer sur la détermination du peuple sahraoui à arracher son droit légitime, maintes fois réaffirmé par les résolutions des Nations unies, notamment les résolutions 1754 et 1783. « Le peuple sahraoui ne lâchera pas ses droits quelles que soient les man?uvres et les pressions. Il n?abandonnera pas les choix légitimes pour les défendre et notamment le choix de prendre les armes pour sa dignité et sa liberté », souligne M. Abdelaziz dans son rapport. Ce dernier regrette que « certaines puissances aient décidé de soutenir l?injustice et le colonialisme au détriment du droit et de la légitimité internationale ».


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