Algérie

Maghreb - Mohamed Lamine Bouhali. Dirigeant du Front Polisario «Nous ne voulons pas la guerre mais les conditions nous y poussent»



Maghreb - Mohamed Lamine Bouhali. Dirigeant du Front Polisario «Nous ne voulons pas la guerre mais les conditions nous y poussent»




Ni guerre ni paix. Depuis le cessez-le-feu en vigueur depuis 1991, le conflit sahraoui est bloqué dans un statu quo de plus en plus intenable. Alors la monarchie marocaine – force occupante – mise sur l’usure.

La République sahraouie, elle, s’emploie à briser l’impasse et réaffirme sa détermination. Si ce n’est pas par les négociations qui jusque-là n’ont pas abouti à une solution, ça sera par la reprise de la lutte armée, menacent les dirigeants sahraouis.

«Non pas par choix, mais ce sont les conditions qui nous y poussent», a défendu l’ex-ministre de la Défense sahraoui, Mohamed Lamine Bouhali (photo), hier, au Forum du quotidien gouvernemental Echaâb.

Figure historique du Front Polisario, M. Bouhali est revenu longuement sur les années de lutte armée et celles d’un long processus de paix qui depuis le cessez-le-feu n’a pas permis le règlement du conflit.

«Nous avons connu seize ans de lutte armée pour l’indépendance de notre pays où le peuple sahraoui a montré son attachement à son indépendance te sa souveraineté. Au terme d’une guerre implacable, la monarchie marocaine a fini par accepter de s’asseoir autour d’une table pour la fin du conflit pour permettre à notre peuple de s’autodéterminer. Mais hélas, nous avons constatés que depuis le début des négociations et la mise en place de la Mission de nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidentale (Minurso), les Nations unies n’ont pas pu faire respecter ses propres résolutions et appliquer la légalité internationale», a regretté celui qui occupe depuis le 14em congrès du Front Polisario le poste du ministre de la Construction.

«Le peuple sahraoui ne peut plus rester les brais croiser indéfiniment. Nous avons trop attendu et la patience a atteint ses limites. Nous ne voulons pas la guerre, ça n’a jamais été notre choix. Mais si rien n’est fait les conditions dans lesquelles se trouve le conflit va sans doute pousser à la reprise de la lutte armée», menace le dirigeant sahraoui.

Le Front polisario qui a perdu, cette année, son leader charismatique Mohamed Abdelaziz n’entend pas changer de cap ou de stratégie.

«La disparition du frère Mohamed Abdelaziz est une grande perte pour nous, mais elle n’a pas entamé la détermination du peuple sahraoui à lutter jusqu’au recouvrement de sa souveraineté et à l’accession à son indépendance », réaffirme Mohamed Lamine Bouhali.

Il assure que le 14em congrès extraordinaire tenu début juillet dernier, le Front Polisario «a renouvelé son serment, a consolidé ses rang et surtout a renforcé sa volonté de continuer le combat pour la libération nationale», a clamé M. Bouhali qui préside également l’université d’été du Front Polisario qui se tient en ce moment dans la ville de Boumerdès. Tel un renard du désert rompu à combats armés, Mohamed Lamine Bouhali ne manie pas uniquement les armes, il sait également envoyer «des missiles» diplomatiques contre la monarchie marocaine.

Cette dernière «est une puissante expansionniste qui déstabilise toute la région par sa politique du fait accompli et son entêtement à bloquer les résolutions des Nations unies. Il apparaît évident aux regards de la communauté internationale que c’est le Makhzen qui empêche le règlement du conflit sahraoui par le refus de son application de la légalité internationale», tance-t-il.

Non sans rappeler l’épisode de la MINURSO chassée par le gouvernement marocain des territoires occupés. Au passage, le responsable de la république sahraouie enfonce encore la monarchie marocaine en l’accusant «d’inonder toute la région par la drogue. C’est l’autre guerre que mène le Maroc à ses voisins». Mohamed Lamine Bouhali n’a pas non plus épargné les puissances occidentales en les accusant de «complicité dans la colonisation du Sahara occidental».

La république sahraouie peut compter sur essentiellement le fort soutien qui lui apporte le continent africain et les pays d’Amérique latine. La tentative de la Monarchie marocaine d’isoler la RADS au sein de l’Union africaine a subi un refus catégorique de l’organisation continentale. Cependant les batailles diplomatiques remportées par la RASD aussi importantes soient-elles ne renversent pas le rapport de force. Les puissances internationales qui, malgré les admonestations du secrétaire générale de l’ONU Ban-ki Moon et de son envoyé personnel le diplomate américain Christopher Ross, ne poussent pas sérieusement dans la direction du règlement d’un conflit qu’elles considère comme étant de «basse intensité».

Mais jusqu’à quand !

Hacen Ouali



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