Algérie

Lutte contre le chômage à Boumerdès : Décalage entre les chiffres et la réalité



Lutte contre le chômage à Boumerdès : Décalage entre les chiffres et la réalité
L'administration soutient que les jeunes boudent le dispositif des micro-crédits. Les chômeurs sont ballottés entre les différents services en quête d'un hypothétique emploi. Si l'on croit les nouveaux chiffres relatifs à l'emploi annoncés récemment par l'administration à Boumerdès, on déduit que le chômage ne touche qu'une infime minorité des habitants. Une minorité qui a, de l'avis de certains responsables de la direction de l'emploi (DE), soit avait refusé les postes qui leur ont été proposés soit, elle ne dispose pas de carte bleue, exigée par l'Anem comme préalable pour tout demandeur d'emploi. Certes, les chiffres ne sont démentis jusque-là par aucun sondage et statistiques d'un autre organisme. Mais le taux de chômage (10,38%) et le nombre de personnes inactives (31 168 sur une population globale de 800 000 habitants), aujourd'hui dans la wilaya ne semblent pas coller avec la réalité.Preuve en est, les centaines de jeunes sans-emploi qui affluent quotidiennement vers les services de l'Anem et les universitaires qui « errent » entre les structures privées et étatiques à la recherche d'un poste qui leur permettrait de changer de statut. Ainsi, le bilan établi par la DE, fait état de la création de près de 24 302 postes en 2009 dont 11 017 dans le cadre des dispositifs Ansej, Cnac, Angem, Blanche Algérie et IAIG, 10 817 dans le secteur économique et 2468 dans le secteur des services. Le même document note, en effet, que le nombre de la population active a augmenté de 271 134 en 2008 à 291 754 en 2009. À lire ces chiffres, l'on ne peut que s'interroger sur l'explication à donner aux bataillons de jeunes qui remplissent les cafés des communes des quatre coins de la wilaya du matin au soir. Et les problèmes qui ont emmaillé l'opération de recrutement des postulants au Contrat de formation et d'insertion (CFI) au début de l'année en cours, dans les communes de Cap Djinet, de Bordj Menaïel et de Naciria', démontre que le chômage est loin d'être éradiqué dans la wilaya.Aujourd'hui, un tiers des jeunes interrogés dit avoir déposé des dizaines de demandes d'emploi et inscrit à l'Anem, mais aucune réponse positive ne leur est parvenue. « Je suis licencié en psychologie depuis deux ans, j'ai sollicité des dizaines d'entreprises pour me faire embaucher, en vain. Récemment, on m'a contacté par l'Anem pour un poste de gestionnaire des ressources humaines à la GSB. Je m'y suis présenté et on m'a promis de m'appeler dans une semaine', et j'attends encore. Aujourd'hui, je me suis rendu compte que je dois au préalable faire des connaissances et tisser des liens avec des gens qui puissent m'aider un jour. Parfois, on fait semblant de faire des entretiens et des concours de recrutement, mais en réalité ce n'est qu'une perte de temps et des « opérations de forme », fait remarquer Merzak en dénonçant « le favoritisme et les passe-droits qui gangrènent ce secteur ».Par ailleurs, certains responsables relèvent le manque d'engouement des jeunes pour les dispositifs de micro-crédits en raison du manque d'informations sur ce sujet. Sur ce, il est à noter que depuis son lancement, l'Ansej n'a permis la création que de 8550 postes sur les 29 889 prévus, et 3355 entreprises sur 11 701 dossiers validés. Le dispositif Cnac a permis depuis sa mise en place, en 2004, la création de 681 postes et 213 entreprises dont 90 en 2009, sur 800 dossiers déposés.
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