Algérie

Les ressources halieutiques en forte régression : L'aquaculture pour sauver la pêche



Les ressources halieutiques en forte régression : L'aquaculture pour sauver la pêche
Compte tenu de l’état chaotique du littoral, le ralentissement brutal de l’activité de la pêche a entraîné le monde des pêcheurs dans une situation sociale dramatique. Les raisons sont nombreuses. La faune et la flore marine sont en voie d’extinction.

A l’origine de ce constat, d’une extrême gravité, qui ne cesse de prendre de l’ampleur au fil des années, les élus ont cité l’utilisation abusive et en toute impunité des explosifs par de nombreux patrons pêcheurs.

La surexploitation des mêmes fonds marins depuis des décennies, la pollution du littoral et de la mer à travers le dégazage des navires et les rejets des eaux usées vers la mer, le non-respect du repos biologique par les pêcheurs, les captures des espèces marines qui n’ont pas atteint la taille commerciale et enfin l’utilisation excessive des filets dérivants qui grattent entièrement les fonds marins et déciment toutes les espèces de poissons sont aussi les principaux facteurs qui ont accéléré la dégradation des ressources halieutiques ces dernières années.

C’est dans ce contexte alarmiste et de désolation que le secteur de la pêche a fait l’objet d’un débat à l’Assemblée populaire de la wilaya de Tipasa, lors de sa 2e session de l’année en cours, qui s’est tenue le 11 juillet.

Les interventions du directeur de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya et du rapporteur de la commission de la pêche de l’APW ont suscité moult questions qui ont été posées par certains élus à cette assemblée. La cartographie marine, la commercialisation des poissons dans l’anarchie et sans le respect des normes d’hygiène, l’absence des contrôles au niveau des ports, le déficit en infrastructures de vente du poisson dans la wilaya, la situation sociale critique des marins- pêcheurs pendant l’arrêt de l’activité (du 1er mai au 31 août, ndlr), ont été les principales préoccupations soulevées par les élus.

D’ailleurs, un membre de l’APW en question, élu de la daïra de Fouka, s’est interrogé sur des décisions prises durant la décennie 1990, ayant fait l’objet des études officielles sur l’aménagement d’un port à Fouka Marine. Malheureusement, elles n’avaient jamais vu le jour. Il a proposé aux responsables de la wilaya de Tipasa de se pencher sur la possibilité de doter les jeunes, dans le cadre des dispositifs de soutien à l’emploi, des facilités pour l’acquisition des motocycles frigorifiques, qui ne coûtent pas cher, donc à la portée d’une grande catégorie des jeunes de la région.

Pour ce dernier, ces équipements légers permettent aux sans-emploi d’effectuer des livraisons et des ventes de poissons pendant les matinées et pourquoi pas des produits laitiers dans l’après-midi. Les familles pourront ainsi bénéficier d’un approvisionnement en produits frais (poissons, lait, yaourts, ndlr), au niveau de leurs quartiers respectifs.

Pêche et tourisme : la complémentarité

Dans son élan, le même intervenant est allé jusqu’à proposer une activité liée au tourisme, notamment avec les promenades en mer, depuis Bouharoun jusqu’à Damous. Il s’agit en fait de transformer les embarcations de pêche en embarcation de plaisance pour les courtes traversées, pendant le repos biologique, afin de créer d’autres sensations aux familles en vacances à Tipasa.

Bien entendu, cette activité doit s’effectuer dans un cadre règlementaire. L’élu a omis d’évoquer l’assurance des personnes, car elle est inévitable, le coût d’une promenade en mer sera élevé et ne sera donc pas à la portée de toutes les familles en vacances.

Lors des débats et revenant sur la situation du secteur de la pêche et des possibilités de sa relance, le wali, Layadhi Mostefa, a mis l’accent sur l’intérêt de l’aquaculture dans le contexte actuel. Pour lui, « créer des zones d’activité de l’aquaculture au moindre coût est impératif », avant de recommander «de déterminer les espaces, c’est-à-dire, là où les terres agricoles sont moins fertiles et leur rendement est faible, pour y installer des bassins d’élevage de poissons et créer des fermes aquacoles».

Le premier responsable de la wilaya a énuméré, par la suite, plusieurs actions qui seront inscrites au registre des réalisations futures : l’aménagement des ports sera réalisé désormais avec la participation des professionnels de la pêche, la gestion de chaque port de pêche de la wilaya de Tipasa devra être adaptée aux normes internationales en matière de gestion dans les volets administratifs et sécuritaires ; chaque port de la wilaya demeurera un espace de visite et de loisirs pour les citoyens ; la plaisance est une activité qui fera l’objet d’une réflexion, car ses perspectives sont énormes au niveau des ports de la wilaya ; l’étude de la création d’une zone de vente des poissons à proximité de l’axe routier qui relie les localités de Khemisti à Bouharoun constitue une solution idoine pour les jeunes qui occupent illicitement les abords de la RN11.

Néanmoins, le wali de Tipasa a insisté sur la signification de la vente de la sardine à Tipasa estimant que «le sens d’un kilogramme de sardine vendu doit être interprété dans un contexte social et économique global». En d’autres termes, il expliquera que «la famille qui vient dans la wilaya de Tipasa pour consommer un kilogramme de sardine dépensera de l’argent pour acheter autre chose, y compris un produit de l’artisanat, un jouet pour l’enfant, donc vous devez imaginer ce que peut rapporter la vente d’un kilo de sardine».

M'hamed Houaoura



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