«Progrès trop lents», situation politique et sécuritaire «préoccupante» : les Occidentaux ont exprimé leur inquiétude jeudi au cours d'une conférence à Rome sur la Libye en lui demandant de faire davantage pour instaurer un vrai «dialogue national», garant de la stabilité politique.Le nouveau chef de la diplomatie italienne, Mme Federica Mogherini, a souligné que la lenteur du processus de transition vers la démocratie «ne permettait pas à l'aide de la communauté internationale de se déployer». «Personne ne peut se permettre de laisser échouer le processus de transition», a-t-elle dit en appelant la Libye à «faire des efforts pour que les projets puissent être mis en ?uvre». «C'est un moment pivot pour la Libye» qui prépare «une nouvelle Constitution et avance vers la réconciliation et des élections», a relevé sur un ton plus optimiste le secrétaire d'Etat américain John Kerry. «Les Libyens n'ont pas risqué leur vie dans la révolution de 2011 pour replonger dans la brutalité et la violence», a-t-il affirmé dans la soirée. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a évoqué une «situation préoccupante» en raison d'une «sécurité mal assurée, d'actes et de risques terroristes notamment dans le Sud et parce que la situation politique est instable». Sur le plan de la sécurité, M. Fabius a fait état d'une initiative franco-allemande pour la construction et la «sécurisation» de dépôts d'armes dans ce pays immense aux frontières difficilement contrôlables, et où celles-ci prolifèrent depuis le printemps arabe. Tous ont toutefois salué «le rayonnement» de la conférence de Rome (qui faisait suite à une première à Paris l'an dernier) à laquelle participaient plus de 40 délégations de pays et d'organisations internationales, incluant pour la première fois la Chine et la Russie. La conférence a été éclipsée par les tractations autour de la crise ukrainienne, notamment en raison de la présence des chefs de la diplomatie américaine John Kerry et russe Sergueï Lavrov. Mais M. Fabius l'a jugée «utile» tout comme le représentant spécial des Nations unies en Libye, Tarek Mitri. «Le message de la conférence est surtout politique car même la sécurité n'est pas à aborder d'un point de vue seulement technique» de formation des forces de police ou militaires, a expliqué M. Mitri. Il s'est fait l'avocat de «davantage de dialogue politique» national, estimant avoir la sensation d'avoir reçu à Rome «un nouveau mandat pour renforcer son rôle de facilitateur». Selon des sources diplomatiques occidentales, un vrai dialogue national signifierait mettre «tout le monde autour d'une table» pour surmonter le problème des «superpositions de légitimité» entre le gouvernement, les autorités de telle ou telle région, les tribus etc. Le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Abdoulaziz, a assuré être conscient des attentes de la communauté internationale, soulignant que toutes les institutions actuelles étaient représentées dans la délégation libyenne y compris des membres du Congrès général national (CGN). «Nous sommes venus avec un message politique fort d'engagement à poursuivre le processus démocratique et de mise en place des institutions», a-t-il dit, en soulignant que le pays avait été «prisonnier pendant 40 ans» de la dictature de Kadhafi. Il a souligné que les institutions de transition continuaient de préparer des élections législatives, présidentielle et une nouvelle Constitution, et acceptaient complètement les offres d'expertise en gouvernance provenant de la communité internationale. Depuis la chute du régime du colonel Moummar Kadhafi en 2011, la Libye est confrontée à une forte instabilité politique, des tendances séparatistes et à des violences incontrôlées dans un contexte de prolifération des armes, qui rendent impossible son essor économique. En outre, une forte immigration africaine passe par la Libye vers l'Italie et l'Europe.
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Posté Le : 08/03/2014
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R I Agence
Source : www.lnr-dz.com