Algérie

Le TNA « magnétise » le public avec sa pièce « Sahi bi noum »



Le TNA « magnétise » le public avec sa pièce « Sahi bi noum »
La pièce « Sahi bi noum », montée par le Théâtre national algérien (TNA) Mahieddine-Bachtarzi dont la générale a été présentée, mardi dernier, au théâtre régional de Constantine (TRC), a « magnétisé » le public, complètement « pris » par l'enchaînement des scènes. L'?uvre, écrite par Rochedi Redouane et mise en scène par Abdelkrim Briber, met en scène le personnage de Moh, un agent de sécurité dans un musée d'Histoire campé par Mahfoud Hani. Dans « son » musée, entouré de portraits des femmes et des hommes qui ont fait l'Histoire de l'Algérie et « réconforté » par les statues qui ornent ce lieu de mémoire, Moh, accoutumé à tailler une bavette avec tout ce beau monde, se met à réfléchir sur la vie, le nationalisme et le devoir. Moh a pris la liberté d'inviter sa dulcinée Hadjla pour une soirée romantique dans le musée. Il tente de convaincre « ses » compagnons figés qu'il n'avait ni le choix ni l'argent nécessaire pour proposer à sa fiancée une sortie digne d'un couple d'amoureux.Pour se donner de la contenance, Moh parle d'histoire et de résistance. Il évoque même son grand-père, un héros, paraît-il, de la lutte contre le colonisateur, « oublié » par l'histoire et les autorités faute d'un certificat de décès. Hadjla, jouée par Nesrine Belhadj, arrive, belle comme le jour. Moh est aux anges, mais Richa, l'ami de Moh, l'invité surprise de ce rendez-vous galant, « fausse » la donne. Dans des scènes loufoques, délicieuses et romantiques, Hadjla reproche à son fiancé de ne pas tenir son engagement envers elle, tout en lui rappelant les quatre années de « galère » que le couple mène, quand Richa (Mohamed Bezahi) fait le « guignol » et cache son jeu. Changement de décor. Entre rêve et réalité, Moh est l'otage d'un groupe qui lui propose « l'affaire du siècle ». Un membre de ce groupe, campé par Djaâfar Benhlilou, fait pression sur Moh pour faire exploser le musée implanté sur un site stratégique, et lui promet une somme d'argent qui va lui permettre d'épouser Hdjila, de faire une belle fête et de lui offrir tout ce dont elle rêve. Moh, ébranlé par la proposition, se voit tantôt riche, à côté de sa belle, ses soucis d'argent disparus à jamais, pense à l'Histoire, à la mémoire, à ceux à qui il s'est accoutumé à exprimer le fond de sa pensée et puis aux « courtiers de la mémoire », les spéculateurs du foncier et les magouilleurs en tout genre. Sur fond du chant « Mawtini », finit par trancher. Il décide de « prendre » la bombe placée dans le musée et d'aller se « faire exploser » dehors, protégeant ainsi « sa » Hadjla, épargnant ses « amis » du musée et préservant l'Histoire. Le rideau tombe quand Hadjla, meurtrie par la disparition de son bien-aimé, visite le musée, revit ses souvenirs avec son défunt fiancé et s'arrête devant le portrait de Moh, placé désormais avec « ses amis », parmi les héros. Après le spectacle, l'auteur du texte, Rochedi Redouane, a affirmé, dans une déclaration à la presse, que la pièce « reflète des scènes de la société actuelle, dénonce les courtiers de la mémoire et zoome sur le rapport des jeunes avec l'histoire de leur pays ». Inscrite dans le cadre du programme du département Théâtre de la manifestation « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 », cette pièce du TNA dont la scénographie est signée Mourad Bouchehir, sera présentée aujourd'hui au TRC.




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