Algérie

La France «complice» avec le Maroc dans le blocage du dossier à l'ONU


Le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Saïd Ayachi, a dénoncé la « complicité » de la France avec le Maroc dans le blocage du dossier du Sahara Occidental au niveau de l'ONU, estimant que le processus politique engagé par les Nations-Unies connaît un échec depuis la vacation du poste d'envoyé personnel du secrétaire général.
« Le principal facteur bloquant du dossier au niveau de l'ONU, c'est la France. La France membre permanent du Conseil de sécurité protège le Maroc et le soutient dans sa colonisation », a déclaré M. Ayachi lors de son passage à la Radio algérienne Chaîne 3.
Il a estimé que le processus politique engagé par les Nations-Unies connaît un échec « qui traduit les tergiversations des uns et des autres, aggravées par l'absence d'un émissaire onusien qui tarde à être nommé depuis deux années », rappelant le départ de plusieurs envoyés personnels depuis l'Allemand Horst Kohler, tous pour avoir subi des pressions. Interrogé sur l'inaction des Nations-Unies pour résoudre ce dossier, l'invité de la rédaction de la Chaîne 3 a expliqué que ceci est lié à un blocage au Conseil de sécurité, et « une complicité de la France avec le Maroc ». « Il y a une complicité évidente d'un membre du Conseil de sécurité, en l'occurrence la France, qui soutient le Maroc dans sa colonisation, et la timidité du SG de l'ONU à pouvoir faire avancer les choses », précisant que les « man?uvres » de Paris travaillent dans le sens du « statu quo », favorable au Maroc.
Par ailleurs, M. Ayachi a déploré l'inaction de la Minurso face aux affrontements armés qui ont lieu dans la zone El Guerguerat, opposant l'armée sahraouie et l'occupant marocain, relevant « un problème de confiance entre les Sahraouis et l'ONU face à son surréalisme ». « Il y a cette léthargie de la Minurso sur place, mais qui ne fait rien, durant deux ans, en campant sur ce statu quo », a-t-il regretté, ajoutant que face à la bastonnade marocaine, la répression et les arrestations arbitraires, il n'y a aucune réprimande, aucun rappel à l'ordre et aucune sanction. « C'est dire que le Maroc qui viole continuellement les droits de l'Homme dans les territoires occupés est bien protégé par une puissance qui ne cache plus son appui, car il y va de son intérêt aussi pour prolonger ce statu quo », a-t-il fustigé.
Dénonçant le profil flagrant du lobbying marocain, M. Ayachi a estimé que le Maroc jouit, on ne peut plus clair, d'une alliance solide depuis l'immixtion de l'entité sioniste dans la région, pour imposer une inertie et de faire entraver l'avancement du dossier, épaulé sans équivoque par la France qui fait retarder la désignation d'un envoyé personnel du SG de l'ONU.
Plaque tournante du trafic
de cannabis en provenance
du Maroc
Le territoire du Sahara Occidental occupé est devenu une plaque tournante du trafic de cannabis en provenance du Maroc, et d'où transite l'essentiel de la production de cette drogue vers les pays du Sahel, souligne Raouf Farah, analyste principal chez Global Initiative.
« La culture intensive du cannabis dans les montagnes du Rif fait du Maroc l'un des plus grands exportateurs de drogue (au monde), et bien que le produit de qualité supérieure soit principalement destiné à l'Europe, la majorité du haschich de qualité inférieure traverse le sud du Maroc et le Sahara Occidental pour alimenter les marchés de la Mauritanie et le nord du Mali », a indiqué Raouf Farah au site d'investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP).
Si le trafic de haschich était monopolisé auparavant par quelques communautés dans le nord du Mali ayant des liens avec des trafiquants marocains et mauritaniens, « aujourd'hui, un nombre croissant de trafiquants au Sahel ont cherché de nouveaux partenariats avec des réseaux marocains détenant des sociétés commerciales qui exportent des produits agroalimentaires du Maroc vers l'Afrique de l'Ouest », explique l'analyste, en évoquant les nouvelles routes du cannabis marocain.
Raouf Farah affirme que « le Front Polisario n'est pas impliqué dans le trafic de drogue ».
R.I/APS
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