Algérie

La crise perpétuelle



On ne sait rien des raisons qui ont amené le général Lamari à ne pas figurer dans la délégation algérienne qui s?est entretenue avec la ministre française de la Défense, Michelle Alliot-Marie. Aucune information officielle n?est venue éclairer l?opinion publique sur cette absence, a priori anormale du fait du rang du chef d?état-major au niveau de la hiérarchie militaire algérienne, le second après le chef d?Etat qui est en même temps ministre de la Défense. Tout naturellement, le mutisme des autorités a laissé courir diverses spéculations allant de la « maladie » du général Lamari à sa « mise au placard », en passant par la « bouderie diplomatique  ». Rien de nouveau donc en matière de communication sur l?épineuse question des rapports entre Bouteflika et son chef d?état-major de l?ANP qui, durant le premier mandat présidentiel, avaient été difficiles, souvent conflictuels. Pour contourner le mutisme officiel et se faire une idée, la plus proche de la réalité, l?opinion publique a choisi de décrypter les « petites phrases » lancées par l?un ou l?autre, de lire entre les lignes de leurs déclarations ou de relever soigneusement les moindres anomalies protocolaires. Les spéculations n?ont pas cessé après le 8 avril, privilégiant la « piste » du dégommage pur et simple du général Lamari, au jour jugé probable du 5 Juillet, ce qui n?eut pas lieu. Ce n?était que partie remise et les rumeurs ont repris lors de la visite de la ministre française de la Défense. L?intérêt politique, populaire et médiatique pour le fleuret moucheté, voire le bras de fer entre les deux personnalités, n?est ni malsain ni gratuit. A sa base le souci de connaître ce qui se passe réellement en haut lieu, dans ce monde opaque du pouvoir. Mais plus fondamentalement, il exprime l?inquiétude sur la persistance des turbulences au sein du cercle restreint de la décision, alors que le discours politique après le 8 avril clame que la stabilité politique est désormais installée dans le pays. Celui-ci a eu un avant-goût de ce qu?est le chaos durant la dernière campagne électorale, après y être plongé à fond lors de la décennie du terrorisme et de l?intégrisme. Au plus loin de l?histoire, les politiques et les militaires se sont entre-déchirés de la manière la plus féroce pour les rênes du pouvoir, assouvissant leurs ambitions, mais détruisant sans état d?âme l?Algérie. Par atavisme, celle-ci est-elle condamnée à la crise perpétuelle ?


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