Algérie

L'opposition accuse Damas de massacre et dénonce le «laxisme» international



L'opposition syrienne a accusé la communauté internationale d'encourager par son inaction le régime à poursuivre ses exactions, au lendemain de la découverte de quelque 80 corps de jeunes hommes exécutés à Alep dans le nord de la Syrie.
Au même moment s'ouvrait à Koweït une réunion de donateurs pour venir en aide aux Syriens dans leur pays en proie depuis près de deux ans à la guerre civile comme dans les Etats voisins qui tirent régulièrement la sonnette d'alarme, affirmant ne plus pouvoir faire face au flux ininterrompu de réfugiés. Après que 80 corps ont été repêchés mardi d'une rivière d'Alep, le régime a accusé le Front Al-Nosra, un groupe rebelle jihadiste présent sur quasiment tous les fronts en Syrie, d'être derrière ces exécutions sommaires, tandis que l'opposition y voyait un «nouveau massacre» du régime encouragé par «le laxisme international» et «la complaisance extrême» de nombreux pays. Cette inaction de la communauté internationale accorde «un feu vert aux auteurs de génocide afin qu'ils le poursuivent», a encore jugé la Coalition de l'opposition. Elle a appelé le Conseil de sécurité à saisir la justice internationale pour que le président «Bachar al-Assad et tous ceux qui ont contribué à ce massacre répondent de crimes contre l'humanité» et a lancé une nouvelle mise en garde. «Les Syriens se restreignent encore à un degré élevé pour éviter de tomber dans le piège de la guerre civile mais les provocations du régime ont atteint un niveau dangereux qu'aucun humain ne pourrait tolérer», a prévenu la Coalition. La révolte en Syrie, née le 15 mars 2011 dans le sillage du Printemps arabe, a débuté par des manifestations pacifiques, avant de se militariser, plongeant le pays dans un conflit armé qui a fait plus de 60 000 morts, selon l'ONU. La veille, le médiateur international Lakhdar Brahimi avait demandé au Conseil de sécurité d'agir d'urgence, dénonçant «l'horreur» de la guerre civile peu après cette macabre découverte. Les violences sont en train de «détruire petit à petit» le pays, a déclaré M. Brahimi après avoir rendu compte de sa mission au Conseil de sécurité, qui, malgré ses divisions, ne peut plus attendre pour «se colleter avec ce problème», a-t-il martelé. Estimant que M. Assad avait perdu sa légitimité, il a suggéré que le Conseil «lève l'ambiguïté» du plan de sortie de crise de Genève, qui prévoit un gouvernement de transition sans se prononcer sur le sort du président contesté. Pour M. Brahimi, ce gouvernement devrait avoir «tous les pouvoirs de l'Etat». Les Occidentaux et l'opposition réclament le départ de M. Assad alors que la Russie refuse de l'envisager a priori. Moscou et Pékin ont mis trois fois leur veto à des résolutions occidentales visant à faire pression sur Damas.


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