Algérie - Vieille ville et son bastion	(Commune de El Kala, Wilaya d'El Tarf)


Histoire de la ville de la Calle (El Kala)
Histoire ancienne
La grande histoire de La Calle par l'amicale des Callois
La Calle, près de la frontière tunisienne, n'est pas née de l'expédition française de 1830. En effet, le drapeau du roi de France flottait sur la Berbérie depuis bien des années auparavant.

Son emplacement se situait sur celui de Tuniza, ville mentionnée sur des voies de l'empire romain, dressée au IIIe siècle.
Tuniza, dans l'antiquité punique et romaine, du berbère "Tounes" ou bivouac, devint Marza El Kharaz "le port aux breloques", puis Mers El Djnoun, port de la baie, et La Calle de massacres, et finalement La Calle ou bastion de France, le plus important de tous les comptoirs de pêcheurs de coraux.

Déjà, vers 1286, où le commerce et la pêche au corail donnait au "port aux breloques" une prospérité importante, La Calle servait de havre aux navires, grâce à sa presqu'Île allongée, parallèle au rivage, qui en faisait un abri naturel, que la providence semblait avoir pour les navigateurs, sur cette côte inhospitalière.
Le sol riche en souvenirs recèle d'innombrables vestiges de civilisations éteintes et nous rappelle, si besoin était, que des pêcheurs de corail, Corses, Méridionaux et Français ont été à partir de 1450, les pionniers de l'installation française en Algérie.

La « Cie marseillaise des Concessions d'Afrique » s'installe en 1450 sur la cote Barbaresque entre Bône et Tunis et installe le « Bastion de France » à la Calle. Les Français y pêchent le corail et font le commerce du cuir de la laine de la cire, etc.


Présence turque
Algerie (Berbérie) 1515-1830.JPG
1515-1830 Berbérie

Vers 1553, Thomas Lincio (ou Lenci), dit Thomas Lenches, riche négociant, ancien patron de bateaux, d'origine Corse, mais demeurant à Marseille, obtient du Dey l'autorisation d'installer sur le Bastion de France La Calle, une compagnie de pêche, et de cueillir le corail : "La compagnie marseillaise "des concessions d'Afrique"). Il reçut du roi de France, l'accréditation, pour représenter la France sur la côte barbaresque (du Cap Rosa au Cap Roux).

Plusieurs fois, détruit et relevé (consécutif aux pillages et aux attaques des autochtones et des corsaires) la concession de pêches changea souvent de mains. Ce comptoir sera évacué de 1799 à 1816 sur l'ordre du Bey de Constantine.

Présence française

1830-1962 Algérie

En 1836, Berthier de Savigny, à la tête de 40 cavaliers fut accueilli avec enthousiasme par les Arabes qui les attentaient pour recommencer la pêche au corail.

L'Algérie conquise par la France, La Calle se peupla peu à peu.
Revenus nombreux, les corailleurs logeaient dans leurs barques. On releva les ruines de la presqu'île et, sur l'emplacement actuel de la ville, on construisit des baraques en planches.
Plus tard, on traça le plan de la future agglomération et on concéda des lots.

Mgr DUPUCH fut si heureux de voir s'accroître la petite chrétienté qu'il vint, le 29 avril 1843, consacrer cette petite église qui depuis si longtemps avait servi de chapelle à l'ancien établissement , français de la pêche du corail.

En 1851, l'hôpital commencé en 1843 est inauguré, avec sa chapelle, comme hôpital civil et militaire.

En 1853, deux sœurs de la Doctrine chrétienne font l'école dans un ancien café.

C'est le 16 octobre 1876 qu'eut lieu la pose de la première pierre de l'église de La Calle.

Une usine de fabrication d'ébauches de pipes de bruyère, des Frères GIORDANNO, une usine de taille de bouchons et de traitement du liège, de la famille MIRANDA. Des exploitations agricoles, vinicoles, maraîchères, assuraient, avec la mise en conserve de sardines et de crevettes, le complément d'activité journalière de la population, estimée à environ 5 000 personnes (européens et musulmans).

À noter que la ville de LA CALLE était le siège de la commune mixte, du même nom, dirigée par un Administrateur nommé par le Gouverneur général et son territoire s'étendait jusqu'à la frontière tunisienne.

Le petit port de la Calle faisait corps avec un paysage où le vert des forêts de chênes-lièges s'harmonisaient avec l'azur marin . Il était un coin délicieux et l'on retrouvait, dans ses environs proches, de nombreux vestiges de civilisations éteintes.

(extrait de P.N.H.A Revue du 11/1991)texte de Edmond LEPAGE - Enfant de LA CALLE.


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