Hammam Bouhadjar est principalement connue pour ses eaux thermales bienfaisantes. Située à 21 km de Ain Temouchent, 45 km de Sidi Bel Abbés et 65 km d'Oran, elle constitue un véritable carrefour entre les trois Wilayate (provinces).
De tout temps, les hommes ont profité de son site et de ses eaux.
Son histoire remonte jusqu'a la période romaine. En effet, avant la conquête romaine, seuls les phéniciens, qui s'étaient fortement implantés sur la région béni-safienne avaient amorcé une percée économique vers les régions du témouchentois ; Les romains furent parmi les premiers "conquérants" de cette région et furent les premiers à découvrir les effets curatifs des eaux chaudes et sulfureuses qui s'échappent des nombreuses sources et qu'ils appelèrent "dracones" .
Le nom romain de Hammam Bouhadjar est AD DRACONES , qui signifie "La cité des dragons" ainsi nommée en raison des sources sulfureuses qui semblaient y cracher la lave et le feu. Dracones ne fut en fait qu'un poste, peut être important dont le 1er intérêt était le contrôle et la sécurité des convois romains sur le grand axe Portus Magnus - Albulae (Ain Temouchent). Il est fortement probable que les romains s'attachèrent durant les 2 ou 3 siècles où leur colonisation fut poursuivie, à cultiver le blé et peut être la vigne ainsi qu'a développer l'olivier sur le pays. De plus, les romains se passionnaient pour ces "eaux de soins" dont ils avaient décelé les propriétés curatives pour un certain nombre de maladies.
A la fin du 4éme siècle après J.C, l'invasion vandale mit fin à la domination romaine en pillant tout sur leur passage. Après les vandales, les arabes s'établirent sur toute la région (ainsi que sur toute l'Algérie) et le village fut dénommé "Hammam Bouhadjar" qui veut dire : 'bains chauds' (hammam) en référence aux sources, 'de la pierre' (hadjar) en référence aux rochers et à ses concrétions calcaires, référence peut être aussi aux 'Hadjaria', vieille tribu établie sur la région.
Au fil des siècles, Hammam Bouhadjar resta un petit village, connu cependant pour ses élevages et un certain commerce de céréales; ses eaux curatives n'étaient connues et utilisées que par ses habitants.
Une fraction de la puissante tribu des Béni Ameurs résidaient sur la région de Hammam Bouhadjar; Elle était capable de lever une véritable armée quand le besoin s'en faisait sentir. Les turcs, puis les espagnols eurent à négocier avec elles, ce qui d'ailleurs n'empêcha nullement les conflits; En 1805, les turcs, bien implantés à Oran, s'engagent à réduire cette trop puissante tribu qu'ils acculent sur le témouchentois. Une bataille féroce s'en suit à la sortie de Hammam Bouhadjar mais les Beni Ameur sont finalement vaincus et se réfugient vers le Tessalah.
A la colonisation française, Hammam Bouhadjar sera le dernier village à prendre forme dans la région du témouchentois après Rio Salado (El Malah), Lourmel (El Amria), Er Rahel (Hassi El Ghella) et Ain El Arbaa.
La création du village à été soumise à la commission dite "des nouveaux centres" le 04 Novembre 1873. Ce n'est toutefois que le 11 mars 1874 que la commission donne un avis favorable à la création de Hammam Bouhadjar, à l'emplacement de l'ancien poste romain Dracones .
Les premiers colons à s'installer s'employèrent à cultiver la vigne, car la terre et le climat de la région se sont révélés extrêmement favorable à la viticulture. Malgré le défrichage ardu, le labeur épuisant, les maladies et les difficultés matérielles, ces colons ont réussi à transformer des forêts et de vastes territoires pauvres et stériles en terres cultivables. De belles fermes et de beaux domaines se sont édifiées et Hammam Bouhadjar est devenu le 1er centre viticole d'Algérie avec 11 000 Ha de vignoble. Les céréales, les légumes secs , et les olives constituent le reste des cultures.
Parallèlement à l'extension de l'agriculture et la viticulture, le village, devenu chef lieu de commune en 1887, s'agrandit et devient une belle petite ville avec ses avenues larges et rectilignes, ses belles villas, ses immeubles et surtout son église et son surprenant hôtel de ville avec ses frontons gréco-romains, ses colonnes immenses et son beffroi qui domine à plus de 40 m la région entière.
En 1960, la population comptait environ 16 000 habitants, dont plus de 10 000 sur la seule agglomération . La ville possédait 02 librairies, 03 salles de cinéma dont un cinéma théâtre, 03 hôtels et 06 banques.
Après l'indépendance du pays en 1962, Hammam Bouhadjar accède au rang de Daira (canton) et est rattachée à la Wilaya de Sidi Bel Abbés jusqu'en 1984 où elle devient une des plus importantes Daira de la Wilaya de Ain Temouchent nouvellement crée.
Aujourd'hui, Hammam Bouhadjar reste une belle cité: le centre ville n'a pas beaucoup changé depuis le départ des colons français, mis à part la transformation de l'église en mosquée ( dénommée "El Quods" elle possède un très beau minaret), de nouveaux quartiers se sont greffés à sa périphérie au fur et à mesure que la population augmentaient et une station thermale, située au bout de l'avenue principale du centre ville à été bâtie au milieu des années 70. C'est l'une des stations les plus modernes du pays, possédant un établissement de balnéothérapie et de crénothérapie, un centre commercial, 50 bungalows, une piscine, un cours de tennis et un cinéma. La ville dispose aussi d'un hôpital, de deux lycées dont l'un en cours de construction et d'un centre de formation professionnelle.
A trois kilomètres de la ville se dresse le mausolée du saint patron de la région, "Sidi Ahmed Bouhadjar".
La ville compte actuellement 30 000 habitants dont la principale activité est l'agriculture (les terres de la commune étant parmi les plus fertiles de la région) mais c'est aussi par excellence la ville des thermes et du tourisme.
Le curiste peut apprécier ses eaux bienfaisantes dont les indications thérapeutiques, multiples et variés, traitent différentes formes d'affection rhumatismales, osseuses, dermiques .....
Le touriste peut apprécier la petite forêt récréative faisant face au complexe thermal ; Il y a aussi le "Petit Vichy", jardin qui connait chaque jour de nombreux visiteurs et enfin la petite forêt du Keroulis, située sur les hauteurs des terres d'Aurés El Meida (petit village à proximité de Hammam Bouhadjar), qui offre un magnifique panorama. En parcourant la région, l'on découvre de beaux paysages dont la large muraille naturelle, vraisemblablement d'origine volcanique, en forme de fer à cheval et longue d'environ 3 km au sud du centre de Hammam Bouhadjar. C'est dans son enceinte que se situe les sources captées.
Bénéficiant de ces nombreux atouts, la ville accueille chaque jour des dizaines de touristes, surtout durant l'été, venus profiter de ses eaux et de son cadre verdoyant.
Bibliographie :
Georges-Emile Paul Hammam Bouhadjar: 1874-1962
Petite chronique de mon village algérien et de son environnement.
Transcomp-Edition : Montpellier
dépôt à la Bibliothèque Nationale
Posté Le : 10/09/2007
Posté par : nassima-v
Source : membres.lycos.fr/temouchent