Algérie

Entre psychose et vigilance



Deux colis suspects détruits mercredi dernier non loin de l?hôpital Mustapha, un autre implosé avant-hier non loin de la rue Didouche Mourad. Ces « attentats avortés » ont de quoi susciter non seulement de l?inquiétude, mais aussi de nombreuses interrogations. Une situation qui rappelle par endroits celle vécue par les Algérois, il y a plus d?une dizaine d?années, quand la capitale vivait avec la peur des bombes et des voitures piégées. En ciblant des endroits parmi les plus fréquentés, les terroristes n?avaient sans doute d?autre intention que de semer l?effroi parmi la population d?une capitale que l?on croyait sécurisée depuis plusieurs années en faisant plusieurs victimes parmi la population. Tel est, comme on peut le supposer, le message que veut faire passer le GSPC qui a frappé depuis l?automne dernier plusieurs fois autour d?Alger, en prenant pour cible les sièges de la gendarmerie et de la police dans les wilayas de Boumerdès et de Tizi Ouzou. Samedi et mercredi derniers, c?était le c?ur de la capitale qui était visé. Les terroristes ont partiellement réussi, puisqu?ils ont su profiter du relâchement de la vigilance et de la sécurité que l?on constate depuis l?entrée en application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ils ont failli apporter la preuve tragique, si les engins criminels avaient explosé, que le GSPC était en mesure de frapper n?importe où, y compris au c?ur d?Alger. Et surtout de tirer ainsi profit d?un effet médiatique sans conteste, depuis son affiliation à l?organisation Al Qaïda au sein de laquelle il n?entend sans doute pas se contenter d?un rôle de figurant. L?abandon de réflexes et de comportements salvateurs aurait pu tourner au drame. Il faut, malheureusement, reconnaître que jusqu?à ces derniers jours, par exemple, n?importe quel quidam pouvait entrer en voiture à l?hôpital Mustapha ou ailleurs sans être inquiété à toute heure de la journée sans que le véhicule ne soit fouillé. Oubliées les mesures de sécurité, péniblement mises en place à la suite d?une série d?attentats à la voiture piégée qui ont endeuillé la capitale, comme celle du stationnement interdit durant la journée sur les artères les plus fréquentées ou devant les établissements publics, etc. Comme le pouvoir essaie de faire oublier les innombrables victimes des attentats à la voiture piégée et dont beaucoup resteront handicapées à vie. Ce regain de violence qui prend pour cible Alger ne semble pas avoir encore convaincu les habitants de la capitale de renouer avec la vigilance sans pour autant verser dans la psychose.


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