Algérie

El-Bayadh



« Valoriser l?enseignant », réforme-clé selon l?U.N.P.E.F Devant un parterre nourri de travailleurs de l?éducation, M. Aïdar M., coordinateur national de l?U.N.P.E.F, a ouvert, ce lundi au Technicum « M. Boukhobza » d?El-Bayadh, le débat sur le statut particulier du personnel de l?enseignement, en prévision des prochains rounds des négociations que ce syndicat autonome compte engager avec le ministre. Le ton résolument vindicatif de l?orateur n?avait fait aucune place au compromis dans sa plaidoirie pour oeuvrer à réconcilier l?éducateur avec une dignité que les textes réglementaires, pris au fil des mandatures, ont effilochée. Prônant l?intransigeance face aux gestions approximatives successives qui ont contribué à dévaloriser le rôle de l?enseignant, et par un effet d?entraînement, la dépréciation de la qualité de l?enseignement prodigué, il qualifiera de lutte décisive les revendications que les travailleurs se doivent de brandir, afin d?obtenir, fut-ce au prix de grèves, une plate-forme consensuelle. Celle-ci, dira-t-il, devra faire abstraction des dispositions arrêtées avant cette date, tenir compte du niveau de la connaissance universelle et de la réalité structurelle et sociale de l?école, pour servir de base à la définition d?un statut. Il n?est plus question, poursuivra l?orateur, de s?en remettre aux termes du décret d?application 90/49 qui, depuis dix sept ans, marque de l?empreinte de la honte la fonction d?éducateur et étouffe ses aspirations les plus légitimes, lui imputant l?échec du système éducatif et lui déniant toute paternité dans les rares motifs de satisfaction que l?école peut encore donner. Les années blanches qui se succèdent, dit-il, n?ont pas empêché les responsables de ce secteur de récolter les lauriers de bilans élogieux dressés par la tutelle dans une évaluation alibi qui ne se ressent nullement des carences traînées par le secteur à sa base. Et la loi 03/06 concernant la fonction publique, promulguée en juillet 2006, au lieu d?apporter du baume aux coeurs de ceux qui, par la force des choses, sont devenus des nécessiteux, puisque la gratuité des manuels scolaires a été concédée à leurs enfants, a accentué d?un cran la précarité qui touche même les mieux logés dans les catégories supérieures. « On nous impose des devoirs gigantesques avec les moyens du Lesotho », s?écriera-t-il, rappelant le déficit en inspecteurs et en personnel d?encadrement pour les remplacements notamment. Il reviendra à l?époque bénie où, s?inspirant des recommandations de l?OMT et de l?UNESCO, les décisions concernant le secteur avaient fait la part belle au statut de l?enseignant, l?érigeant sur un piédestal en reconnaissance à la noblesse de son rôle. C?était notamment les effets notables du décret 113/66 qui s?exerceront pendant douze ans, avant d?être supplantés par le fameux S.G.T, puis la 85/59 et le fatidique 90/49 qui achèvera la descente aux enfers de cette catégorie de fonctionnaires. La réclamation d?un statut n?est pas un souci matériel, ni une préoccupation de carrière, mais une vision d?avenir qui préserve les générations futures et leurs espoirs dans un enseignement de qualité dispensé par des maîtres d?école satisfaits de leur sort, finira-t-il.


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