Algérie

Des patrons Algériens et Tunisiens en font leur cheval de bataille: Pour un espace économique maghrébin



Des patrons Algériens et Tunisiens en font leur cheval de bataille: Pour un espace économique maghrébin
Les opérateurs économiques tunisiens, du moins ceux regroupés au sein de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie, mise sur pied il y a seulement 5 mois, et leurs homologues algériens de la Confédération algérienne du patronat veulent tourner la page des ex-régimes politiques de la région, plaidant pour un espace économique commun.

M. Kebci - Alger (Le Soir)

La révolte qui a eu raison de dictateurs de pays voisins et du monde arabe plus généralement ne se doit pas de rester sans éléments accompagnateurs, à défaut de l’avoir devancée, notamment économiques, à même de constituer ce rempart sûr contre ces soulèvements sanglants, à travers la création d’emplois, de richesses et davantage de plus-values.

C’est là la conviction d’opérateurs économiques algériens et tunisiens qui, au-delà de plaider pour l’instauration d’un espace économique, se font les avocats d’une refonte totale des relations économiques entre les deux pays.

Des relations en dents de scie en raison, notamment, d’un climat de confiance considérablement altéré et d’une communication aléatoire qui n’a pas été souvent régulière.

Et la visite, ce dimanche, du président tunisien en Algérie a été l’occasion pour les patronats des deux pays voisins de mettre les premiers jalons d’un renouveau désormais basé sur la confiance, le bon voisinage et la réciprocité.

Et à Tarek Chérif, président de la Conect, de regretter, lors d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Sofitel d’Alger, la faiblesse des échanges entre les deux pays voisins que tout rapproche a contrario de ce qui prévaut en Afrique de l’Ouest, en Asie, en Europe ou encore en Amérique, comme pour mettre le doigt sur l’urgence de tout revoir.

Comment?

A travers, dira-t-il, la suppression des barrières, aussi bien administratives que douanières.

Il est inconcevable que des produits tunisiens et algériens soient soumis à des tarifs douaniers beaucoup plus élevés quand il s’agit de traverser la frontière des deux pays que ceux des autres pays comme ceux de l’Union européenne, argumentera Tarek Chérif qui plaidera pour une meilleure fluidité entre les deux pays et ce, dira-t-il, à travers la revue des législations et le changement de mentalités.

Son vis-à-vis de la CIPA, Boualem M’rakech, abondera dans le même sens en affirmant sa préférence pour une action complémentaire par secteur dont les quelques résultats déjà enregistrés sont certes loin du compte «mais pas de nature à nous faire désarmer», dira-t-il.

Plus qu’un choix, le travail main dans la main est une obligation pour faire face aux regroupements régionaux, voire sous-régionaux.

Les deux orateurs trouvent anormal que l’Algérie exporte la totalité de son phosphate en brut au moment où le voisin tunisien le fait à près de 70% transformé. Ceci pour montrer un bel exemple de complémentarité dans ce secteur qui n’induira qu’une bien meilleure plus-value aux deux pays aux côtés de bien d’autres, à l’image des produits manufacturés ou encore le tourisme.

Et pour rester dans ce secteur, Anis Jaziri, le conseiller économique du président tunisien, présent à cette rencontre, n’y est pas allé par trente-six chemins pour inviter les Algériens à se rendre aussi nombreux comme jadis dans son pays, où, dira-t-il, en dehors de cas isolés d’agressions, la situation et l’ambiance sont les mêmes que ce qui prévalait avant la révolution.

Reprenant la parole, M’rakech tiendra à dire que ce qu’entreprennent les patrons des deux pays n’est qu’un élément déclencheur, la décision étant du ressort des autorités des deux pays dont les pourparlers, hier, entre les deux présidents devaient certainement aborder cette doléance et ce désir d’aller de l’avant, main dans la main.

M. K.


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