Algérie

«Bouteflika ne peut pas se présenter à un 4e mandat et son clan est une fiction» - Abdelaziz Rahabi sur Radio M



«Bouteflika ne peut pas se présenter à un 4e mandat et son clan est une fiction» - Abdelaziz Rahabi sur Radio M
C'est avec une double casquette d'analyste politique et de soutien au candidat à la présidentielle Ali Benflis, que Abdelaziz Rahabi est venu s'exprimer ce mardi sur Radio M. L'ex-ministre et ancien diplomate en est convaincu : le président Bouteflika ne briguera pas de 4e mandat pour une raison simple : "il n'en a pas la capacité".C'est un Abdelaziz Rahabi serein et très à l'aise qui s'est exprimé ce matin sur Radio M, la web radio de Maghreb Emergent, sur les sujets brûlants d'une actualité politique algérienne difficile à décrypter. Pour le diplomate au long cours, qui a longtemps représenté l'Algérie dans les capitales hispaniques avant d'être nommé ministre de la Communication vers la fin des années 90, le président Bouteflika ne se présentera pas pour un 4e mandat. « Bouteflika n'a ni les capacités physique, intellectuelle et politique ni le consensus de ceux qui l'ont nommé en 1999 (l'armée NDLR) pour le reconduire aujourd'hui », a-t-il déclaré à l'émission hebdomadaire « L'invité du Direct » de Radio M. A l'état de santé incapacitant du président Bouteflika, Rahabi ajoute un contexte régional bouillonnant de révoltes dans le monde arabe, "portées par un rejet de la présidence à vie". « Et le problème, est que Bouteflika n'est jamais sorti de cette logique depuis son accession au pouvoir ».Même si le président s'est assuré, pour sa prétention à un 4e mandat, du soutien du chef d'état-major de l'ANP, le général Ahmed Gaid Salah, propulsé à 83 ans vice-ministre de la défense, ceci ne représente pas un poids décisif aux yeux de Abdelaziz Rahabi. «L'état-major n'est pas l'armée, » a-t-il martelé. « La décision est prise par consensus au sein du commandement de l'ANP et les services d'intelligence ont leur poids et leur mot à dire», explique-t-il. Dans ce contexte, il considère que le DRS reste «le seul interlocuteur politique en Algérie» et minimise au passage, le poids et la puissance prêtés au clan présidentiel, dans les grandes décisions politiques : « Le président est absent et son clan est une fiction, » a-t-il lancé.La cohésion au sein de l'armée a été rompue en 2009Revenant sur la polémique qui oppose l'état-major de l'ANP au chef du DRS, le général Mohamed Mediene, étalée sur la place publique par sorties médiatiques interposées de personnalités du régime, l'ancien diplomate confirme l'existence d'une rupture entre l'armée et le président Bouteflika, «à l'origine de la crise actuelle». Une crise que Rahabi situe à la décision, en 2009, du président de remodeler la constitution pour supprimer la limitation des mandats présidentiels et pouvoir se maintenir au pouvoir à vie. Au moment où il avait la possibilité d'organiser lui-même sa propre succession en 2009, le président «est tombé dans son propre piège en s'octroyant tous les pouvoirs», estime Rahabi. «Bouteflika n'a à aucun moment pensé à avoir un candidat de succession. Il a éliminé tous les candidats potentiels y compris ceux qui lui étaient les plus proches et les plus fidèles comme Ali Benflis ou Abdelaziz Belkhadem, ». A tel point que Bouteflika a été amené « à transférer ses pouvoirs à son frère ». Une situation qui ne peut plus durer car, pour l'ancien ministre, «le seul ennemi qui guette le président Bouteflika, c'est sa santé». D'où la conviction profonde de Abdelaziz Rahabi que le président Bouteflika ne pourra pas de se présenter à un 4e mandat.




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