Algérie

Béni-Saf, La pêche aux explosifs en débat



Si cependant les voix s’élèvent souvent pour dénoncer le massacre écologique qui se déroule au niveau de cette partie de la mer Méditerranée, la situation continue de s’aggraver de jour en jour.

L’utilisation des bâtons d’explosifs pour la pratique de la pêche en est une cause. Les fonds marins sont aujourd’hui marqués par les méfaits des explosifs mais plus, l’extermination des espèces de la faune marine est constatée par des spécialistes. En proposant le thème: «les méfaits de la pratique de la pêche aux explosifs», lors d’une rencontre technique, organisée ce lundi, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, l’école de formation technique de pêche et d’aquaculture de Béni-Saf a certainement cassé un tabou vulnérable. C’est un message de sensibilisation», lancera clairement Mme Méniri, la directrice des études et des stages, avant d’ouvrir les débats par une communication fort intéressante, mettant en exergue la richesse des fonds marins. Les mers représentent, dira-t-elle, environ 71% de la surface du globe et font vivre plus de 200 millions d’hommes dans le monde. Pour l’intervenante, la mer Méditerranée, qui reste un remarquable échantillon de l’économie mondiale où 28% du pétrole mondial et 30% du trafic mondial y transitent reste aussi sujette à la pollution. Son bassin, qui met environ 85 années pour se recycler, reçoit 3 à 4 millions de tonnes de rejets par dégazage par an. Cette énorme pollution provient non seulement de la mer mais aussi en grande partie (80%) de la terre (ruisseaux, rivières, déchets industriels et domestiques, égouts municipaux..). Cette pollution marine tue un nombre incroyable d’espèces marines, touchant plus durement les eaux côtières, les zones les plus riches en biodiversité et les ressources marines desquelles nous dépendons. Le grand danger de l’utilisation des explosifs dans la pratique de la pêche, est qu’ils peuvent entraîner des effets néfastes sur les poissons, les mammifères marins et leur habitat. On entend par explosif un composé chimique qui lorsqu’il explose, crée une vague de compression entraînant presque instantanément un pic de pression. La détonation d’explosifs à l’intérieur ou à proximité des eaux de pêche provoque des ondes de choc de compression postérieures à la détonation caractérisée par l’atteinte rapide sous la pression hydrostatique ambiante. Ce déficit de pression est à l’origine de la plupart des effets sur le poisson. Des études ont montré que le principal organe touché chez le poisson est la vessie natatoire, sac rempli de gaz qui permet à la plupart des poissons pélagiques de maintenir une flottabilité neutre. Le rein, le foie, la rate et le sinus veineux peuvent également se rompre et provoquer une hémorragie. Les oeufs et les larves peuvent également être détruits ou endommagés (Wright 1982). A titre indicatif, la sardine femelle pond jusqu’à 60.000 oeufs. On a aussi observé à plusieurs reprises des changements de comportement chez le poisson suite au bruit provoqué par des explosifs. Ils peuvent également entraîner une dégradation chimique ou physique de l’habitat telle la réduction voire l’élimination des formes de vie benthiques dont le poisson s’alimente. Dans le cadre de la loi des pêches, celle-ci renferme des dispositions relatives à la protection du poisson de leur habitat pour interdire sa destruction par d’autres moyens que la pêche ainsi que la détérioration de son habitat (art 219). A juste titre, il a été prouvé que la détonation d’explosifs dans l’habitat du poisson ou à proximité perturbe, blesse ou tue les poissons et les mammifères marins ou encore entraîne la détérioration, la destruction ou la perturbation de leur habitat. Il arrive parfois que les dommages se fassent sentir à une distance considérable du point de détonation. De lourdes sanctions pénales sont prévues à l’encontre des fautifs. Une deuxième communication fut présentée par M. Kribi Boucif enseignant et qui a porté sur la règlementation pour la protection des zones de pêche.

D’une façon générale, il faut retenir que toute la surface maritime est organisée en zones de pêche destinées aux bateaux selon leur poids et leur force, que la pêche est interdite toute l’année dans le périmètre inférieur à 50 m, distance mesurée à partir de la terre ferme sauf pour les petits métiers. Aussi qu’une grande partie de la surface maritime est législativement protégée du chalutage, mais certains secteurs sont protégés naturellement par des accidents de terrain. Il faut retenir également que les gardes-côtes représentent la seule institution responsable pour faire appliquer les mesures de gestion. Par ailleurs, M. Kribi fera savoir à l’assistance, que certains pays, pour protéger ou conserver des sites ou zones de pêche, posent des récifs artificiels. Des ensembles solides structurés reposant sur les fonds ou positionnés dans les masses d’eau côtière. Ce sont généralement des épaves de bateaux, des carcasses de voitures ou même des blocs de béton. M. Kribi parlera aussi des DCP, une méthode utilisée par ces pays pour exploiter à fond leurs ressources pélagiques. Ce dernier conseillera d’appliquer ces deux techniques.




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