Algérie

Béchar : l'hôpital «Mère et Enfant» de Débdaba continue de défrayer la chronique



Le médecin de garde n'était pas à son poste et le petit patient a fait l'objet d'un examen clinique par téléphone.L'hôpital «Mère et Enfant» de Débdaba continue de défrayer la chronique. Azzedine Nafissa, une praticienne de la santé publique qui exerce dans la profession depuis vingt ans, est au paroxysme de la colère. À travers une lettre adressée aux autorités locales et à l'organe de déontologie médicale et dont nous détenons une copie, elle attire l'attention de celles-ci et dénonce énergiquement un fait inadmissible dont elle a été témoin et qui a eu pour théâtre l'hôpital «Mère et Enfant». En fin de semaine dernière, elle a fait évacuer son neveu âgé de 10 ans diabétique dans cet établissement hospitalier dans un état pré-comateux caractérisé par un vomissement important proche de la déshydratation suite à une omission de prise d'insuline, dit-elle.
Mais, au préalable, indique-t-elle, des efforts de réanimation ont été prodigués à l'enfant à la polyclinique de Kénadsa pendant deux heures avant son transfert à la structure médicale spécialisée de Débdaba. Mais le médecin de garde n'était pas à son poste à cette heure-ci et le petit patient a fait l'objet d'un examen clinique par téléphone. «J'ai passé toute une nuit au chevet de l'enfant pour surveiller l'évolution de son état de santé et j'ai été sidérée de constater l'absence des médecins, excepté les paramédicaux alors qu'ils ont l'obligation professionnelle d'être présents sur les lieux pour suivre et examiner les cas d'urgence qui se présentent», s'insurge la praticienne de la santé. Elle ajoute que le pédiatre de service n'a même pas daigné se déplacer.
Instaurer une discipline au travail
Plus grave encore, déclare-t-elle, le traitement qui a été préconisé le lendemain, en mon absence, a consisté en une très forte dose d'insuline administrée à l'enfant, dose représentant dix fois celle qu'il avait l'habitude de prendre quotidiennement. Néanmoins, grâce à l'intervention rapide du réanimateur, le petit diabétique a pu être sauvé d'une mort certaine, souligne-t-elle. Alors que le patient était sous réanimation pour faire monter son hypoglycémie, il a été mis sortant avant qu'il ne puisse récupérer ses forces physiques. Mais l'enfant a gardé des séquelles psychologiques avec le sentiment, affirme le médecin, d'avoir été abandonné car il avait l'habitude de recevoir des soins lors de ses séjours prolongés en Russie en compagnie de sa mère ressortissante de ce pays.
«Ma lettre adressée aux autorités locales se veut avant tout une démarche en vue de prendre les mesures nécessaires qui s'imposent afin de sauver cet hôpital des multiples dysfonctionnements qui le caractérisent, instaurer une discipline au travail et exiger une qualité des prestations attendues de la part des patients», conclut la praticienne de la santé publique dépitée.


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