Algérie

Alger, Langue arabe, L’apport des intellectuels chrétiens



Débat n Le rôle des écrivains et penseurs arabes chrétiens dans le développement de la langue, de la littérature et de la réflexion arabes était le thème du café littéraire qui s’est tenu, hier à la Bibliothèque nationale.

L’objectif de cette rencontre est d’amorcer, selon Amine Zaoui, directeur de la Bibliothèque, un dialogue interculturel et au plan religieux et au plan civilisationnel, compte tenu du contexte de confrontation dans lequel musulmans et chrétiens se trouvent.
Amine Zaoui a indiqué que des intellectuels arabes chrétiens ont longtemps et richement contribué au développement de la langue, et par extension de la culture arabe. «Cet apport s’explique, a-t-il précisé, par le fait qu’ils ont nourri – et nourrissent – une grande sensibilité envers la langue arabe.» Cependant, le directeur de la bibliothèque a regretté que de nombreux algériens qui étudient au cours de leur scolarité des écrivains à l’instar de Djibran Khalil Djibran ou encore Ilyes Abou Madhi, ignorent tout et complètement leur appartenance confessionnelle. «Ce sont des écrivains et intellectuels chrétiens qui habitent nos souvenirs et nourrissent notre imaginaire», a-t-il rappelé.
De son côté, Nouredine Djebab, professeur de philosophie, a centré son intervention sur les périodes où l’apport des intellectuels arabes chrétiens était important. «Leur contribution au développement de la langue et la culture arabes remonte à l'époque où le monde arabe avait atteint son apogée, c’est-à-dire au temps des Omeyyades et Abbassides», a-t-il indiqué, précisant que «leur travail se limitait à la traduction. Ils constituaient un intermédiaire entre la culture grecque et la pensée musulmane». Ensuite, le conférencier a abordé la deuxième période qu’il situe vers la seconde moitié du XIXe siècle. à cette époque, que l’on qualifie de Renaissance, l’on pouvait enregistrer, selon l’orateur, une contribution plus large et plus grande.
Pour sa part, Abdelkader Bouzida, professeur de langue arabe, a mis l’accent sur ces intellectuels et penseurs (Adib Ishaq ou Boutros El Boustan) qui ont travaillé à moderniser, à émanciper et à enrichir la langue arabe dans le domaine de la création (esthétique) et dans celui de la réflexion (étude), et cela dans le seul et unique but de faire rayonner la langue arabe et l’arracher à des pratiques et réflexions désuètes.
Il a souligné, par ailleurs, que tous ces écrivains de confession chrétienne ont lutté, sous la bannière de la langue arabe, contre l’occupation occidentale. Ils ont d’ailleurs appelé à l’unité nationale arabe, tout en prenant soin de ne pas laisser les divergences des identités confessionnelles s’interférer dans ce projet national. Autrement dit, ces chrétiens étaient – et sont – pour l’arabité.
Enfin, Abdelaziz Boubakir, universitaire, écrivain et journaliste, a, quant à lui, évoqué l’apport de ces Arabes chrétiens dans le domaine de la presse.




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